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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 16:46

Mesdames, messieurs, nous voilà plongé en plein drame.

Alors que La La Land séduit nos grands écrans (je souligne au passage le grand coup de cœur pour l'équipe de la rédaction en ce début d'année 2017), j'ai constaté avec effroi que le Kamikaze n'avait pas obtenu un article depuis trop longtemps. Ni une, ni deux, j'enfile ma tenue de ninja, et me voilà dans le cinéma le plus proche de chez moi (qui ne projette pas La La Land, un véritable scandale, mais ne nous égarons point dans ce débat). Je m'installe donc dans la salle et le noir se fait : c'est le début du film 50 nuances plus sombres.

 

Synopsis : C’est un Christian blessé qui tente de reconquérir Anastasia. Cette dernière exige un nouveau contrat avant de lui laisser une seconde chance. Mais une ombre surgit du passé de Christian et plane sur les deux amants, déterminée à détruire un quelconque espoir de vie commune.

 

Soyons honnête : le premier opus était trop sage par rapport à ce qu’on nous avait vendu (un film érotique, tiré du best-seller éponyme), même les fans s'en trouvaient frustrés. Ce n’est pas grave : deux films arrivaient derrière, il était toujours temps de se rattraper. En plus, le titre fait penser à quelque chose de dark, donc plus hard, plus sexy, plus olé olé, plus de fantasmes, plus… non ? Non. Dam'nd, ma naïveté me perdra. M'aurait-on menti ?

 

Le film reprend donc là où nous nous étions arrêtés : une Anastasia Steele qui avait rompu avec son beau Christian (que nous appellerons Cricri d'amour – vous allez comprendre), après avoir découvert une facette sombre en lui. Mouais. Il ne lui faut pas longtemps (15 minutes de film, montre en main) pour finalement laisser à ce garçon une seconde chance, prêt à tout changer, à s’incliner face à ses besoins et ses désirs. Pourquoi pas, voilà une inversion intéressante des rôles dominant/dominé. Car Anastasia Steele ne se laisse pas faire, et possède plus d’assurance que dans le premier opus. Fini la jeune étudiante timide et maladroite, la voilà assistante dans une maison d’édition. Sauf qu’être une femme libérée, ce n’est pas si facile. Gentil Beau Bosse n’est pas moins possessif et malsain qu’avant. Anastasia ose revendiquer le droit de gagner sa vie? Le milliardaire rachète la maison d'édition pour laquelle elle travaille. Elle se retrouve seule en train de siroter un verre avec son boss ? Il n’est pas content. Elle doit partir à New York pour se rendre à son salon avec son patron ? Il dit non. Et là on se dit « quand même, il abuse ! » Oui sauf que Jack alias le patron charmant va s’avérer être un méchant obsédé sexuel qui cherchera à persécuter la jeune demoiselle. Mais quelle différence entre cet être abominable et notre Cricri d'amour, allez-vous me demander ? La différence, c'est l'amûûûûûr. Notre héros reste donc un gentil grand défenseur de sa douce et tendre. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

 

La différence entre un méchant et un gentil obsédé sexuel ? Le méchant a une mèche rebelle.

La différence entre un méchant et un gentil obsédé sexuel ? Le méchant a une mèche rebelle.

 

Mais c'est pas facile d'être un gentil. Le passé de Cricri ressurgit de toute part dans le film et révèle un côté sombre et fragile (comme tout bon héros américain, obsédé sexuel ou non). Battu par son père, élevé jusqu’à l’âge de 4 ans par une mère droguée, morte devant ses yeux… On nous justifie tout au long du film son comportement pervers et sado-masochiste. D’ailleurs la courte rupture entre les deux amoureux l’aura fait perdre une certaine assurance, au point qu’il en aura fait pousser sa barbe de trois jours (pour nous montrer qu’il s’est laissé aller parce qu’il est malheureux). Cricri est donc un homme complexe et torturé, genre un homme avec des fêlures (tu la vois, la larme au coin de mon œil ?), ce qui éveille la compassion chez Anastasia et une certaine interrogation : « Mais pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ? » lui demande t-elle la larme à l’œil, prête à activer le syndrome de l’infirmière « Ben en fait, je te l’ai déjà dit, mais c’était pendant que tu dormais. » Anastasia répond en souriant : « Tu sais, la base d’une bonne communication, c’est quand les deux parties sont éveillées ». Je. Mais. Que. CETTE CONVERSATION N’A AUCUN SENS. Qui a écrit ces dialogues ? Je veux un coupable.

 

Leur relation reprend donc là où elle s’était arrêtée, menée par l’amûr de nos tourtereaux.  Mais leur amour n’est pas sans obstacle, et la comédie romantique se transforme presque en mauvais épisode des Feux de L’Amour. On découvre le visage de Elena Lincoln, la fameuse « Mrs. Robinson » qui fit son éducation sexuelle dans un passé pas si lointain, et développé son penchant pour le sadisme. « Sans moi il serait mort ou en prison » se justifie t-elle à l’héroïne. Euh, et sinon, une bonne séance chez un psy, personne n’y avait pensé ?

 

Elle s’oppose à leur union, expliquant que son jeune amant n’a pas changé et ne pourra jamais être satisfait de leur relation. OK. Donc, dans le rôle de la méchante bonne femme qui s’oppose à leur union (sans réellement mettre des bâtons dans les roues puisqu’elle ne passe jamais à l’action), nous avons une Kim Basinger toute botoxée. Et dans le rôle d’une ex jalouse et psychopathe, nous avons une ancienne soumise devenue l’ombre d’elle-même (les cheveux longs et négligés, les vêtements sales, la mine grise… C’est pour montrer qu’elle est dark. Cricri, garanti pure drogue des jeunes femmes de notre époque), errant d’une scène à l’autre… Et n’apportant pas grand-chose non plus à l'intrigue au bout du compte. Pire, le couple perd tout son sex-appeal, s’il n’en a jamais eu, quand Cricri demande à la jeune fille en fleur en mariage. C’est beau, un amour triomphant.

 

Si aucun personnage ni aucune action portée n’active le moteur, que nous reste t-il à nous mettre sous la dent ? Les scènes de sexe ? Soyons sérieux : 5 coïts torchés en 30 secondes sur un fond de musique de lover, deux bondages, un cunni, une fessée, une boule de geisha… tout est prétexte pour faire enlever la culotte d’Anastasia et montrer son (joli) derrière. Mais on rencontre hélas le même souci que dans le premier volet : les scènes de sexe sont trop « proprets », trop soft pour susciter du fantasme ou du désir chez le spectateur. Même lorsqu’ils retournent dans la fameuse chambre rouge… on reste dans le politiquement correct. Pudibonderie américaine ? Même dans « Ghost », on a fait mieux en terme de sensualité !

 

« Oh oui, fais-moi grimper aux rideaux Cricri !!! »

« Heu, calme-toi, je t'enlève juste un cil collé sur ton menton... »

 

En résulte un film insipide et sans saveur, causé par un jeu d’acteur limité et un scénario qui ne suscite que l’ennui chez le spectateur. La principale cause de ce flop provient aussi du marketing non assumé jusqu’au bout : on nous promet une ambiance trash et crue, alors que le film passe son temps à se défiler. On espère plus d’action dans le troisième film, avec une méchante Mrs Robinson et un Méchant Beau Gosse en colère prêts à détruire le joli couple kawaï (j’avais parié 5que je placerai ce mot dans mon article. Trop facile !).

Mais je m’avoue vaincue comme notre ami Zang : je n’irai pas voir la suite.

 

Note : je précise que n'ayant pas lu les livres, il ne m'est pas possible de les comparer aux films. Je laisserai les lecteurs seuls juges de cette sombre affaire.

 

Clémentine Samara

 

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 09:03

Coucou tu veux voir mon vaisseau ?

Et voilà, arrive l'été et ses innombrables inconvénients : moustiques, coups de soleil, transpiration, canicule, déshydratation... et les mauvais films à l'affiche. Un chef d'œuvre est rarement programmé en cette saison, même un film un tant soit peu correct.

On m'a pourtant prévenu : la suite d'Independance Day est mauvaise. « Si tu veux gagner deux heures de ta vie, ne vas pas le voir ». Oups, trop tard, la curiosité m'a déjà gagné.

En 1996, j'avais 8 ans, les Spice Girls avaient du succès, Titanic n'existait pas encore, Jacques Chirac était président de la République Française, les Twin Towers se dressaient toujours fièrement à New York, Internet marquait de timides débuts dans notre quotidien, la télé-réalité n'avait pas encore envahi la France et personne n'avait jamais entendu parler de Kim Kardashian. Epoque révolue, nostalgie.

Il y a vingt ans, mes parents m'ont emmené voir ce film aux effets spéciaux spectaculaires pour l'époque. Independence Day m'avait littéralement glacé le sang, mon jeune âge faisait que j'étais encore bien impressionnable. Des vaisseaux gigantesques, plus grands que les plus grandes villes, un suspense bien rythmé (les vilains aliens attendent au moins une bonne vingtaine de minutes avant d'attaquer les gentils terriens, ces grands couillons), des punchlines bien envoyées et bien dosées, des acteurs au top de leur gloire (Will Smith et Jeff Goldblum!). Mettons-nous d'accord : ce n'est pas un chef d'œuvre, mais un bon film d'action/science-fiction qui ne fait pas mal à la tête et dont le seul intérêt reste les poncifs employés, non sans un soupçon d'humour. Independence Day, c'est un peu notre madeleine de Proust : on regarde avec plaisir, même si on connaît le scénario et son happy-end tellement prévisible.

 

Depuis plusieurs années, des rumeurs d'une suite à ce film se diffusaient, sans que l'on sache réellement si le projet allait voir le jour. Soyons honnête : on savait que l'idée, ô combien tentante, donnerait un résultat au mieux mitigé, au pire médiocre. Un exemple récent ? Jurassic World. TMTC, wesh.

 

Vingt ans plus tard, on remet ça. Voyons ce que ça donne.

Nous avons toujours su qu'ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l'ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l'extinction.

 

Après visionnage, ce film semble être tellement un pur LOL dans ta face du début à la fin... Il ne me sera pas possible de passer en revue tout ce qui rend ce film si drôle dans un seul article. Je me contenterai donc de mettre l'accent sur les principaux éléments.

 

Voyons le contexte du scénario : depuis l'attaque de 1996, la Terre n'a plus jamais connu aucun conflit dans le monde, qui s'est révélé uni face à l'adversité. C'est beau.

En vingt ans, les terriens ont conquis la technologie des aliens pour améliorer la leur. Résultat : de beaux vaisseaux qui volent, et des bases lunaires vachement sophistiquées. Cool.

Mais vingt ans après l'attaque, un vaisseau encore plus gros que ceux du premier film se pointe pour prendre sa revanche et tuer les terriens. Bouh.

Et en vingt ans, les personnages du premier opus ont évolué : le petit Dylan est devenu un beau jeune homme et militaire comme son pôpa (qui, à la base, était son beau-père... bref.), la petite Patricia (la fille du président, vous suivez ?) est elle aussi devenue militaire mais largement occupée avec son pôpa à moitié fou (siiii, il ne se rase plus la barbe ! Au cinéma c'est pour montrer qu'il est fou et angoissé), David est devenu un mec vachement important alors que son pôpa a tenté de tirer un peu de gloire de son côté et le grand dadais Docteur Okun nous fait l'honneur de sortir du coma 20 ans plus tard... J'oublie personne ? Ah si : ne cherchez pas Will Smith. Il est mort.

« J'ai une grosse barbe. Je suis vieux. Je suis fatigué. Je suis torturé. On me prend pour un fou.  Je suis un incompris. »

« J'ai une grosse barbe. Je suis vieux. Je suis fatigué. Je suis torturé. On me prend pour un fou. Je suis un incompris. »

Analysons tout cela.

D'abord, la paix dans le monde. La dernière fois que j'ai vérifié, le premier film débordait de patriotisme à dose de drapeaux américains, de soldats américains, et de fête d'Indépendance propre aux USA. On connaît la chanson : les américains sont grands, beaux et forts, et ils nous sauvent le monde par dessus le marché. Le second opus étant toujours vu du point de vue des américains, on n'y voit pas grand chose du reste du monde. Est-ce qu'ils ont aussi des beaux vaisseaux et une technologie vachement avancée ? On ne le saura jamais.

Ceci dit, une poignée de chinois font désormais partie de la défense spatiale du côté des américains. Y a un effort qui est fait. Mais n'abusons pas : les africains sont toujours placés du côté « primitif » : sabres en guise d'armes (avec deux-trois pistolets extra-terrestres), des crânes placés sur des piques pour faire peur.

Et puis, notons-le, ce film est terriblement ironique sur le côté « peace and love » quand on regarde les actualités.

 

Ensuite côté technologie, on peut dire que ça pêche. Primo : en Afrique, on s'aperçoit d'un coup que le seul vaisseau qui eut atterrit en 1996 se remet en marche. Deuxio : un vaisseau qui fait la moitié de la planète fait son apparition comme un cheveu sur la soupe vers la Lune. Et rien ne l'empêche de foncer sur la Terre, défiant toute défense spatiale mise en place. Tercio : les quelques survivants de la nouvelle attaque créent des bouchons énormes sur la route avec des voitures qui roulent toujours à l'essence.

Rien que ces trois éléments devraient nous choquer : pourquoi imaginer un vaisseau abandonné dont personne dans le coin n'a exploité la technologie ? Les mecs : vous avez eu 20 ans pour vous en emparer, l'étudier, comprendre ses objectifs, découvrir ses secrets, ses origines... Mais non : vous découvrez qu'un gros trou avait été creusé dans le sol, vous vous apercevez que le vaisseau se met à briller sans raison, et... aucun de vous n'y trouve à redire ? Continuons.

 

Plus grosse boulette de la galaxie : pourquoi avoir développé des armes et des défenses ultra-sophistiquées si personne n'est capable de voir un put*** de vaisseau ENORME arriver ? Il y a 20 ans, on était capable de voir arriver à cette distance des vaisseaux cent fois plus petits. MAIS NON : même depuis la lune, on se laisse surprendre par un « Oh merde ! Un vaisseau encore plus gros que la dernière fois ! ». De quoi se taper la tête contre une table. Et le machin arrive peinard sur la Terre. VINGT ANS sont passées et personne n'a songé à installer un genre de puissants satellites pour voir arriver des ennemis depuis le Proxima du Centaure ? Ou un bouclier autour de la Terre en cas de nouvelles attaques ? Non ? Quand on est capable de reconstruire la civilisation entière sans laisser aucune ruine derrière soi, on peut penser à ces petits détails, tout de même. Surtout si on se doutait qu'ils devaient revenir en mode furax.

« Oups. Si seulement nous avions eu une technologie assez puissante pour nous préparer à une nouvelle attaque... »

« Oups. Si seulement nous avions eu une technologie assez puissante pour nous préparer à une nouvelle attaque... »

Dernière incohérence : dès le début du film, on nous installe le speech en mode « on a vachement évolué, on va plus vite, on défie la gravité » sur un fond de métropole futuriste. Mais ces couillons de survivants ont la stupide idée de continuer à utiliser des voitures et des bateaux à moteur. Même dans Retour vers le Futur 2 les voitures volent, les gars. Et c'était en 2015.

 

Après, on ne peut pas entièrement leur en vouloir. Excusez le spoil, mais les Terriens arrivent quand même à gagner la bataille et alors que l'on montre des paysages dévastés, nous noterons que notre indestructible Tour Eiffel tient toujours debout. Depuis le premier opus, tout de même...

 

 

Et les personnages ? Outre le fait que tous les enfants sont devenus militaires – encore une vocation à la mode – beaucoup d'éléments ne collent pas ou sont trop peu crédibles pour être pris au sérieux.

 

Petit A : Président Whitmore fait de vilains cauchemars et se trouve obsédé par une vision mystérieuse, commune à tous ceux qui ont été en lien avec les aliens. D'ailleurs, il le dessine partout sur des feuilles pour bien montrer son obsession. Pendant les trois-quart du film, il est montré à 'écran en posture largement affaiblie (une canne, une barbe négligée, et hop ! Illusion typique du septième art!). Et magie : lors de la préparation du combat final-the-last-one-ever, le voilà en tenue de combat prêt à dégommer de l'alien une dernière fois, sans canne et sans barbe.

Petit B : Le Docteur Okun qui se réveille d'un coup du coma et qui pète le feu. Parce que l'atrophie des muscles est une légende urbaine en ce bas monde. Et comme lui aussi il a été en lien direct avec les extra-terrestres, il va dessiner partout des formules et des figures géométriques. Comme il n'a pas de feuille, il va dessiner sur les murs (heureusement le brave homme avait un feutre sous la main !). Mais manque de bol, il ne sait pas ce qu'il dessine : il n'en a aucun souvenir. C'est chiant les scénarios, ça vous créé des amnésies embarrassantes. Et hop, le revoilà parti dans des recherches actives pour lutter contre les extra-terrestres. Un p'tit coma de vingt ans, ça vous requinque vachement, quand même.

Petit C : David a passé son permis. Si, si, il conduit un car scolaire au bout de la 120e minute.

 

Et je pourrais continuer longtemps ainsi, mais je vous ferais perdre du temps. Les interactions entre les personnages sont trop superficielles pour que l'on s'attache à eux ou que l'on comprenne mieux les liens qui les unit. Retenez tout de même que nous avons quelques nouveaux, soit des p'tits jeunes fringants prêts à prendre la relève avec nonchalance, désobéissance à outrance, insolence. Bref, une génération Y dans toute sa splendeur (genre « hé, les aliens ! Je suis jeune, grand, bogoss et je serai toujours vivant à la fin du film ! Regardez comme je vous provoque, je pisse sur votre vaisseau ! Ah ah ah ! »).

« Dégagez les vieux, place aux jeunes ! J'ai un monde à sauver, moi. La preuve, je prends l'air hyper concentré en conduisant un engin spatiale.»

« Dégagez les vieux, place aux jeunes ! J'ai un monde à sauver, moi. La preuve, je prends l'air hyper concentré en conduisant un engin spatiale.»

Bref, quand les bases du scénario sont baclées, il ne reste plus qu'une chose à faire : poser votre cerveau dans un coin et regarder le film avec second degré. On regrettera simplement que l'aspect familial du premier Independence Day sera mis de côté pour produire un bon blockbuster

Le film devient plus agréable à regarder et on arrive mieux à rire des innombrables maladresses. Jusqu'à la dernière séquence :

« Youpi, on a gagné ! Mais c'est pas fini, il reste d'autres aliens dans la galaxie ! Il faut continuer à combattre les extra-terrestres ! »

Noir.

Générique de fin.

Sérieusement ?

 

Conclusion : si vous avez envie de rire franchement au cinéma, n'allez pas voir Camping 3. Mais préparez-vous à un troisième Independence Day dans un avenir proche.

 

 

Clémentine Samara

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 18:53

Vous le savez bien, le kamikaze aime les contes populaires, et notamment quand Hollywood leur ravale la façade à grands coups de gunfights, de bastons et de ninjas. Souvenez-vous de nos articles sur Trois Mousquetaires en 3D, I Frankenstein, Hansel & Gretel, ect. On en raffole tellement que notre p'tit Kamikaze a écrit son propre script : Pinocchio en 3D ( http://www.kamikazedelecran.com/article-le-film-canular-pinocchio-en-3d-113264538.html ). Il attend encore un acheteur pour recevoir son gros chèque et pouvoir enfin payer à ses chroniqueurs une cafetière. Oui, mais voilà... nous avons manqué un des grands représentants de cette tendance cinématographique : Blanche-Neige et le Chasseur. Pour exprimer nos sincères excuses, le kamikaze vous présente le deuxième opus tant attendu (ah bon ?) de cette fabuleuse saga.

Alors, à partir de là, on spoile comme des gros trolls. Alors viens pas te plaindre. Ne fais pas ce plaisir au Kamikaze, il aime trop ça.

 

 

 

Dans le premier opus, nous découvrons la méchante reine Ravenna (Charlize Theron), la vilaine belle-mère de Blanche-Neige, qui n'avait que pour seul but d'être méchante parce que... c'est amusant, voilà (vous avez même droit à toute la panoplie, le rire diabolique est offert). Le deuxième acte nous présente sa sœur, Freya (Emily Blunt), un peu plus gentille et naïve, assez pour tolérer les idées psychopathes de sa grande sœur. Un jour, elle tombe enceinte après une amourette avec un soupirant déjà destiné à épouser une autre femme. Sa grande sœur la met en garde: « attention, l'amour c'est caca. Ne crois pas en l'amour », mais sa soeur lui dit que « non, l'amour c'est gentil. C'est un monde rempli de papillons, de licornes et de séjours à Center Park © ». Et toc. Elle accouche d'une belle petite fille et puis arrive un soir tragique : son amoureux a incendié la tour où se trouvait le bambin. Folle de chagrin, un pouvoir émerge subitement d'elle : celui de contrôler la glace. Elle congèle illico presto le père de sa malheureuse fille, sans savoir le pourquoi de son geste.

Après la mort de son enfant, Freya quitte sa sœur pour fonder un royaume dans les terres du Nord et elle décide subitement d'être une dictatrice psychorigide avec un programme politique bien précis et efficace :

1 - Massacrons la population locale, histoire d'avoir gain de cause auprès des électeurs. Bah oui, si on tue les électeurs, il y a pas d'élections. CQFD

2 - Changeons la météo et foutons de la neige, du givre et de la glace partout. Bon, ça va donner un méchant coup aux récoltes. Et les risques de famine ? Non, on s'en fout ?

3 - Enlevons les enfants et formons-les pour en faire une armée obéissante et soumise : les chasseurs (oui, un peu comme les jeunesses hitleriennes mais un peu plus porté sur l'art millénaire du ninja). Pourquoi tu te rebellerais ? D'accord, le changement climatique a plongé ton village dans une famine perpétuelle. D'accord, on a tué tes parents, mais tu pourrais être un peu reconnaissant, non ? Petit ingrat !

4 - Ah oui, et l'amour est interdit ! Ah non, mais ça c'est l'idée fixe de la reine des glaces, vu qu'elle a été trahie une fois, maintenant c'est fini : l'amour, c'est de la merde ! Point barre ! « Moi, j'aime les vidéos de chatons sur internet, ça compte ? ». On sait pas trop, la loi est pas très précise sur la question. Dans le doute, on t'exécutera.

Et la reine a le droit de posséder une monture swag. Ici, une créature en voie d'extinction, parce que c'est plus too-much

Deux de ces enfants enlevés, Eric (Chris Hemsworth) et Sara (Jessica Chastain) sont élevés pour être des supers soldats de la reine des glaces. Au fil des années, ils deviennent les meilleurs de leur promo. Et arrive ce qui arrive quand on se fréquente un peu trop longtemps dans les mêmes dortoirs : on tombe amoureux. Une belle rousse farouche et un beau blond musclé avec la dentition parfaite d'un surfeur californien, ça ne pouvait que faire un joli couple à l'écran. C'était inévitable. Ah bah oui, mais rappelez-vous : l'amour c'est caca. Comment on fait ? Ça énerve la reine des glaces qui se dit que puisqu'elle a eu une vie de merde sans passion et sans amour, pourquoi les autres auraient le droit à cela. Non, mais c'est pas juste ! Puis elle a déclaré officiellement que l'amour, c'était caca. Pourquoi on la contredirait. Zut alors ! C'est ce que le gentil Eric explique à la reine : « Nan, tu as faux. Le pouvoir de l'amour est infini et grand ». La réaction de la souveraine ne se fait pas attendre, elle lance ses gardes contre eux, en vain... alors elle sépare les deux amoureux d'un mur de glace. Eric a beau essayer de casser le mur avec ses grosses mimines, rien n'y fait (en plus d'avoir le cœur brisé, il risque surtout une fracture de la main). On l'assomme et on le balance dans une rivière. Pourquoi la reine ne le tue pas, histoire d'être tranquille avec cette sordide « histoire d'amour » ? Nan, parce que là c'était l'occasion rêvée ! Dommage...

 

Sept ans plus tard, le beau chasseur est devenu un célèbre aventurier, qui a aidé Blanche-Neige dans le premier opus à vaincre la méchante reine Ravenna et à la mettre sur le trône. On le met sur une affaire : retrouver le miroir de Ravenna qui a disparu avec une patrouille de Blanche-Neige qui avait pour mission de mettre l'objet en sécurité dans un sanctuaire. Et oui, c'est le risque d'exposer une relique précieuse sur une route dangereuse, alors que Blanche-Neige aurait très bien pu le confiner dans un sanctuaire à côté de son palais. C'est pas grave, le chasseur, accompagné de deux nains rigolos (oui, il faut des comiques de service. Sinon, c'est moins bankable), partent à sa recherche. L'aventure commence avec ses traditionnelles scènes de bastons et de rencontres avec de nouveaux personnages. Eric se fait attaquer par les méchants chasseurs de la reine des glaces. Cette dernière cherche à s'approprier le pouvoir du miroir. Mais Eric est sauvé par... oh surprise ! Son grand amour : Sara ! Oui, mais elle lui fait la tête parce qu'il la lâchement abandonné aux mains de la reine des glaces. Toutefois, on sait d'avance que ça va pas durer : une ou deux roucoulades, quelques blagues lourdingues du héros et hop c'est pardonné. Ils rencontrent ensuite deux naines. C'est parfait, on pourra les mettre en couple avec les deux autres nains, ça aussi c'est inévitable. Ils découvrent ensuite que le miroir à été dérobé par des gobelins. Le film les appelle « gobelins », mais les scénaristes préfèrent les faire ressembler à une bande de gros gorilles sautant d'arbre en arbre (ça, c'est original et ça sera le seul point original du film... ). Un peu avant la scène de baston avec les singes-gobelins, le héros trouve du sang d'une de ces bestioles, il le renifle et dit : « hey ! Ça sent comme du goudron ! ». Durant la baston, ça fait tilt dans la tête de Sara qui se dit : « Vu que leur sang sent le goudron, peut-être que c'est du vrai goudron qui coule dans leurs veines. Passe-moi une flèche enflammée, ça va faire boum ». Bingo (et gros coup de chance surtout) ! Les gobelins ont bien du combustible dans les veines et ça fait boum. Et nous savons à présent que les gobelins ne font jamais cuire du marshmallow au coin du feu de risque d'exploser comme un vulgaire pétard.

D'accord, elle agit comme une inconsciente car elle fait péter les gobelins alors que son amoureux est aux prises avec eux. Allez, soyons fou. Je le fais péter avec les gobelins. De toute façon, il risque rien... c'est le héros !

 

Je ne spoilerais pas la suite, mais sachez juste que le plan d'Eric pour infiltrer la palais de la reine des neiges est de grimper une montagne de 2000 mètres d'altitude pour sauter tranquillement sur le toit dudit palais, situé à quelques centaines de mètres en contrebas. Se péter les jambes ? Mourir ? Non, ça ne traverse pas l'esprit d'Eric, trop convaincu par son super plan.

Ah oui et c'est un conte... ça sera le seul aspect respecté de l'œuvre original : une fin heureuse. Le pouvoir de l'amour terrasse les méchants, tout le monde tombe amoureux l'un de l'autre... et fin.

 

Vous attendiez vraiment autre chose ? Vous attendiez de l'originalité ? Quelque chose d'iconoclaste et d'innovant ? Désolé de vous décevoir, vous frappez à la mauvaise porte. Je vais arrêter d'être médisant. Il y a un point positif : les nains ont des répliques rigolotes. Si ça vous suffit, prenez votre billet.

 

 

Lef Dur

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 08:17
Le Tout Nouveau Testament (critique de Clémentine Samara)

Le cru cinématographique 2015 n'est pas si mauvais qu'il en a l'air. On pourrait certes le résumer à une série de suites, de spins-off, de blockbusters insipides et sans saveurs... Pourtant, il y a quelques exceptions qui ont attiré notre attention : l'excellentissime Birdman qui signait le grand retour de Michael Keaton, le énième chef-d'oeuvre de Pixar Vice-Versa, Bradley Cooper dans le très bon American Sniper, le jouissif Mad Max... Il y a bien quelques films dans le lot qui méritent un peu de notre attention, que l'on soit fan des films indépendants (Night Call, pour ne citer que lui), de bons films à gros budgets (Star Wars arrive bientôt les amis !) ou de films français (Une nouvelle amie). Et puis, il y a Le tout nouveau Testament de Jaco Van Dormael.

Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

Soyons honnête sur un point : les films mettant en scène Dieu, c'est pas l'idée la plus originale du monde. Morgan Freeman dans Bruce Tout Puissant, Graham Chapman dans Monthy Python, Sacré Graal, Robert Mitchum dans Les sept pêchés capitaux, même Charlton Heston, non content d'interpréter Moïse dans Les Dix Commandements, a prêté sa voix au vieux barbu. On aurait pu tomber dans le scénario conventionnel ou du moins sans surprise. Oui, sauf que Jaco Van Dormael, c'est un peu le Jean-Pierre Jeunet belge, mais en mieux (vous n'y trouverez ni accordéon, ni plan en sépia, ni Amélie). Sa patte, c'est la poésie mêlée au grotesque, la réalité revisitée avec un petit goût de rêverie d'enfant. On se souvient de la sortie de son avant dernier film audacieux Mr. Nobody en 2009. Entre temps, il avait mis en scène en 2012 Kiss and cry. Un savant mélange entre danse, théâtre, cinéma, texte et bricolage de génie, sa création avait été salué par une critique unanime. Bref, tout ça pour vous dire que Jaco Van Dormael n'est pas un amateur. Alors parler de Dieu, ce n'est pas un problème.

Toi tu vis, toi tu vis, toi tu crèves, toi tu vis, toi tu vis mais tu vas bien en chier, toi tu crèves...

Toi tu vis, toi tu vis, toi tu crèves, toi tu vis, toi tu vis mais tu vas bien en chier, toi tu crèves...

Dieu vit dans un appartement minable et sombre. Benoit Poelvoorde, c'est Dieu. Minable, bête, méchant, criard, tyrannique... On est à mille lieu de l'image du grand sage barbu et paternaliste. Non, Dieu, son kiff, c'est créer un monde sadique depuis son ordinateur, un peu comme nous quand on joue aux Sims. Les lois de l'univers lui permettent de peaufiner son travail : quand la queue d'à côté avance plus vite, quand votre téléphone sonne alors que vous venez de vous plonger dans votre bain, quand vous tombez amoureux de la jolie fille qui préfère flirter avec le bogoss avec son scooter... C'est lui. Aucune pitié, les humains subissent la cruauté de ce Dieu, sans pouvoir y faire grand chose.

Il y a longtemps de ça, il y avait bien eu ce brave J.C. Le fils bobo qui avait choisi de quitter le nid et de réunir 12 apôtres, mais ça s'est plutôt mal terminé pour lui. Quant à son épouse, campée par Yolande Moreau, elle a beau être Déesse, elle n'en est pas moins une pauvre femme au foyer soumise et muette, passionnée par deux choses dans la vie : la broderie et le baseball. Et puis il y a la petite dernière, Ea – jouée par la talentueuse Pili Groyne –, profondément révoltée par les actes de son père. Alors un jour, Ea passe à l'action : elle accède à l'ordinateur de son père et balance les dates de décès à tous les humains. Et quand l'être humain sait quand aura lieu sa mort prochaine, ça fout le bordel. J'aime autant vous dire que vous n'avez pas la même réaction si vous savez qu'il vous reste 50 ans à vivre que 50 jours.

Mais Ea ne s'arrête pas là : elle quitte son foyer misérable et « descend » sur Terre à la recherche de 6 apôtres, dans le but d'écrire un tout nouveau testament et modifier le cours des choses.

Le nouveau Messie a dix ans et c'est une fille. Va y avoir du changement, les gars.

Le nouveau Messie a dix ans et c'est une fille. Va y avoir du changement, les gars.

L’intrigue est nouée. Dès lors que Ea découvre le monde extérieur, les rencontres et les aventures s’enchaînent sans temps mort. Les personnages que l'on rencontre sont peu conventionnels : une jeune femme manchote, un obsédé, un assassin, une femme délaissée, un employé de bureau déprimé et un garçon qui veut devenir une fille. Et pourtant, au-delà de leur caractéristique propre, ils sont hauts en couleurs, permettant ainsi une mise en scène dynamique, sans jamais laisser une seconde d'ennui. On rit, on s'émeut, on compatit, on jubile, on se laisse surprendre jusqu'à la fin. On se laisse balancer entre les musiques propres à chaque personnage, leurs histoires qui nous sont contées, les miracles et les rêves réalisés par Ea... Chaque plan est minutieusement travaillé sans jamais desservir son récit, Jaco Van Dormael sait rendre un plan beau et le justifier. Ce qui rend un résultat onirique et explosif.

Chaque personnage est marginal dans sa façon d'être ou son mode de vie, néanmoins on parvient facilement à s'y attacher et partager leurs émotions : la joie, la tristesse, la peur, la déception, l'amour... En ce sens, Jaco Van Dormael fait preuve d’un profond humanisme, parvenant à exprimer, par des images simples et frontales, des idées très fortes sur l’existence humaine, nous encourageant à vivre pleinement notre vie, à être libre, sans se soucier du reste. Ce brave Jaco pousse par moment un peu loin le fameux « vis-tes-rêves-ne-rêve-pas-ta-vie », mais après tout, pourquoi pas ? Dieu a décidé que la gravité se ferait en un sens unique, qu'on ne pourrait pas respirer sous l'eau, que l'amour ne pouvait pas être réciproque à tous les coups, qu'on ne pouvait pas faire tout ce qu'on voulait à cause de notre sens moral. Et si Ea pouvait changer le monde ?

Catherine Deneuve se soucie tellement pas des autres qu'elle a décidé de vivre une belle relation amoureuse avec un gorille. Trop rebelle.

Catherine Deneuve se soucie tellement pas des autres qu'elle a décidé de vivre une belle relation amoureuse avec un gorille. Trop rebelle.

Et pendant cette escapade, que fait Dieu ? Il est hyper furax. Il part à la recherche de sa fille, bien décidé à lui faire payer cher son acte. Car maintenant que les humains connaissent la date de leur mort, Dieu a perdu toute crédibilité. Il l'explique bien à sa femme : « Tu vois, avant, je les avais à ma botte, ils savaient pas quand ils allaient mourir alors ils filaient droit. Maintenant qu'ils savent la date de leur mort, ils vont tout foutre en l'air, tu comprends ? Ils vont vivre leur vie ! » A son tour, il « descend » sur Terre chercher sa fille. Et à chaque coin de rue, il lui arrive une merde, se fait humilier, cogner, insulter. Si on supposait qu'il pouvait un minimum faire preuve de dignité en tant que Dieu, il ne peut pas faire grand chose sans son ordinateur. Tant et si bien qu'il ne contrôle absolument pas son propre univers, celui qu'il a créé depuis son clavier. Et bien qu'il répète à qui veut bien l'entendre « Je suis Dieu ! », les humains ne l'entendent pas de cette oreille. Voilà une image peu flatteuse à laquelle on s'expose. C'est le seul personnage auquel il nous est impossible de s'y attacher. On le hait depuis notre fauteuil. Si bien qu'à chaque problème auquel il est confronté, on jubile. Que dis-je, on jouit ! Après tout, retour à l'envoyeur ! Et dire qu'il est censé avoir créé l'homme à son image... Voilà l'enjeu fondamental du film : les êtres-humains ont dépassé le Maître.

« Je te préviens, le dîner a intérêt à être prêt quand je rentre ! »

« Je te préviens, le dîner a intérêt à être prêt quand je rentre ! »

Le scénario est tellement bien porté que la fin se révèle être légèrement prévisible : on a le droit à un Happy end coloré sous acide... Mais pour être honnête, j'ai réellement savouré cette fin. J'avais envie que ça se finisse bien parce que tous les personnages qui accompagnent Ea sont attachants, parce que Dieu est définitivement un gros connard qui mérite de finir au trou, parce qu'on a envie de voir à quoi pourrait ressembler un monde vraiment parfait. Jaco ne pouvait pas mal terminer le film : nous serions revenu à la case départ, et ça aurait trop ressemblé à la réalité. Et ce n'est pas le propos ici.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le sujet du film n'est pas la religion mais plutôt l’omniprésence de cette dernière à travers le genre humain. Mieux : il nous dresse un portrait de l'humanité et tous ses paradoxes qui le rendent si imparfait : la haine, l'amour, son empathie, sa misanthropie... Bref, une sorte d'hymne à la vie faussement naïf. Il nous présente une vision optimiste, mais avec prudence. Pouvons-nous oser espérer un monde meilleur ? Est-ce qu'il peut réellement exister ?

Il n'est pas certain que ce film vous convainc. Jaco a une patte bien à lui, on aime ou on déteste. Le Tout Nouveau Testament est un bon investissement pour vous si vous aimez son casting et le cinéma bruxellois, si l'univers vous inspire, si le message du film vous fait écho.

 

 

Clémentine Samara

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 13:55
Une note sur "Mad Max: Fury Road" (Lef Dur)

 

Mad Max: Fury Road était l'un des films que le Kamikaze attendait depuis longtemps. Après trente ans d'absence, le héros australien revient ! Et les doutes persistaient: George Miller n'allait-il pas détruire sa propre franchise, à l'instar d'un Spielberg avec son Indiana Jones ou d'un Lucas avec Star Wars ? Allait-il réussir à remettre au goût du jour son univers, sans trahir ce qui faisait le charme do it yourself des premiers opus ? La réponse est enfin arrivé ! Et ce nouveau opus mérite amplement sa place dans la saga. Mieux... il s'agit d'un chef-d'œuvre du cinéma d'action ! Alors que les blockbusters proprets et aseptisés envahissent le marché, que les héros ne semblent plus souffrir et que la surenchère d'effets spéciaux et le bling-bling vomissant d'un Fast and Furious sont prédominants. Un vieux de la vieille comme George Miller arrive avec sa bombe de nitro pour faire exploser les normes actuelles du cinéma d'action. Rien de rutilant. Pas de flonflon. Ici, ça pue le kérosène, la sueur et le sang. Un vrai ballet barbare, fait avec peu de fonds verts et énormément de cascades réelles. Loin des messages puérils des derniers cartons au box-office (re-coucou Fast and Furious 7), on revient avec un message profondément plus humaniste. Rien que pour ces initiatives, on peut remercier un franc-tireur comme Miller.

Max, la nouvelle protection pour éviter les moustiques sur le pare-brise.

Max, la nouvelle protection pour éviter les moustiques sur le pare-brise.

Les premiers volets de Mad Max étaient synonymes de courses-poursuites, de bagnoles bricolées et d'un héros solitaire et antipathique, cherchant une rédemption dans un monde sans foi, ni loi. Ici, le fan n'est pas trahi. Tout y est. Le résultat est même au-dessus des attentes. Son univers est approfondi. George s'intéresse au fonctionnement d'une tribu, en nous plongeant dans ses croyances, son dialecte, son fonctionnement politique, et il creuse davantage les personnages secondaires. Alors que les premiers films ne semblent suivre que notre cher Max Rockatansky, ici nous nous arrêtons sur une charismatique Furiosa, ou le déjanté Nux, un guerrier fanatisé par les préceptes d'un dictateur local. Mad Max: Au-delà du dôme du tonnerre (1985) commençait à avoir cet aspect, mais avec Fury Road l'histoire est plus riche, voire plus extensif car on ressent qu'un univers beaucoup plus vaste se cache derrière cette simple aventure. Car oui... les enjeux narratifs sont simplistes.

 

Dans un monde où les ressources naturelles s'amenuisent et les hommes revenus à un stade tribal, un despote nommé Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne) règne sur un peuple terrorisée à laquelle il dispense des préceptes religieux dangereux et les faveurs de ressources dont il détient le monopole. Asseyant son pouvoir sur une armée de fanatiques rêvant de se faire exploser pour gagner plus vite le Valhalla. L'une de ses plus fidèles partisanes, l'impératrice Furiosa (Charlize Theron), le trahit et s'enfuit avec un bien d'une importance capitale pour le chef de guerre : ses « épouses », un groupe de jeunes femmes lui servant d'esclaves et de « ventres ». Le despote se lance alors à sa poursuite. Max (Tom Hardy), étant prisonnier de la tribu, est embarqué malgré lui dans cette course folle.

 

C'est une histoire à quête qui peut devenir vite surfait. Mais George Miller apporte son savoir-faire d'antan. Il nous encadre avec des décors symboliques et une exploitation mythologique subtil pour développer un discours plus complexe autour de son héros christique, symbole de résistance et d'espoir face à la déchéance de l'humanité. Et ceci tout en restant dans la dynamique des courses-poursuites. Les mauvaises langues diront qu'il y a trop d'action. Certes, mais ces scènes sont entrecoupés de pauses visuellement sublimes. Et il faut avoir du talent pour réussir à intéresser son public avec deux heures de courses-poursuites, avec des personnages passant le plus clair de leur temps dans des camions ou des voitures. Tout passe dans l'action, avec une approche brute et directe. L'ensemble de la mise en scène est purement visuel (et donc purement cinématographique).

 

La seule tâche au tableau, c'est l'effacement de Max au détriment de la superbe Furiosa. Ne crachons pas sur l'interprétation de Tom Hardy. Il est bon... essayez de maintenir un personnage avec aussi peu de dialogues. Le Max version 2015 est à la hauteur de celui des années 1980. Tout en respectant ses allures de guerrier solitaire, il apporte un nouveau Max beaucoup plus marqué par le sceau de la culpabilité et du traumatisme. Non... mais la star reste Furiosa, guerrière qui se rebelle du joug de son ancien maître, Immortan Joe. En luttant contre le délire réactionnaire d'un despote, elle est la figure même de l'émancipation féminine.

Allez voir Mad Max: Fury Road ! « Soyez témoins ! ». Miller apporte un univers sauvage et sans concessions, avec des poursuites rock'n'roll (mention spéciale au camion-rave party). Et le Kamikaze dit merci à George Miller pour défoncer ce paysage cinématographique devenu trop lisse. What a lovely day !

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 16:56
Les Boxtrolls - Trailer Critique (Esteban Grine)

S'il y a un bien un genre de film underrated par le grand public, c'est l'animation en Stop-Motion !

Au cinéma, les plus grands représentants du genre sont Wallace et Gromit ou encore Chicken Run. Et pourtant depuis 2009, le studio américain Laika, après Coraline et ParaNorman, nous gratifie de sa compétence en nous proposant un excellent film dont le design des décors et des personnages en pâte à modeler flatte l'œil du spectateur.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 16:39
Histoire perturbante, d’un homme entre le pathétique et le génie.

Histoire perturbante, d’un homme entre le pathétique et le génie.

Synopsis, source Allociné

« Mathieu, 25 ans, aspire depuis toujours à devenir un auteur reconnu. Un rêve qui lui semble inaccessible car malgré tous ses efforts, il n’a jamais réussi à être édité. En attendant, il gagne sa vie en travaillant chez son oncle qui dirige une société de déménagement…
Son destin bascule le jour où il tombe par hasard sur le manuscrit d’un vieil homme solitaire qui vient de décéder. Mathieu hésite avant finalement de s’en emparer, et de signer le texte de son nom... »

 

Un homme idéal est un film qui ne touchera pas tout le monde, mais qui peut en captiver plus d’un.

Le tempo de l’histoire est assez lent, pour une narration qui gagne en intensité et en coups d’éclats.

Si le début de l’histoire dénote d’une émotion très forte, la suite est un peu fade dans un premier temps. Le réalisateur, Yoann Gozlan, a donc fait un choix de début de film très pertinent, qui nous permet de savoir qu’à la mise en place va succéder quelque chose de fort. Et effectivement, il nous faut au moins ce début pour ne pas décrocher sur la suite. La mise en place un peu longue, ne doit sa saveur qu’à l’interprétation savoureuse de Pierre Niney. Ce film, nous démontre encore une fois la grandeur d’interprétation de ce dernier.

Dépouillé de musique, le film n’en est pas moins fignolé avec un travail soigné des plans et des bruits.

À mettre un bémol sur la première partie du film, qui est assez empruntée avec des événements pas toujours crédibles et stéréotypés. Attention SPOIL. Notre héro est forcément une sorte de looseur qui bien entendu tombe amoureuse d’une riche, et jolie héritière. Il vole un roman, devient riche et sera soumis à un chantage, aura des problèmes d’argent. FIN SPOIL

« Un vampire m’a mordu, oups ! »

« Un vampire m’a mordu, oups ! »

Mais, ce qui nous maintient captif, hors l’interprétation formidable de Pierre Niney, c’est sans conteste le personnage qu’il incarne. On regarde ce jeune homme passionné d’écriture mais qui est incapable de réussir à fournir un roman de qualité. Sa douleur diffuse suscite autant pitié que compassion. Le choix pertinent du réalisateur de nous maintenir à distance de personnage, nous entraîne à devenir tout comme ce personnage, celui qui regarde l’histoire, qui la décortique, exactement tel un romancier qui scrute. Et là où le personnage est fascinant, c’est que lui s’invente au fur et à mesure, il entre lui-même dans un personnage qu’il aurait pu construire pour un roman, alors que c’est sa vie qui devient son roman. Sans avoir spécialement d’empathie pour ses actes, son imagination pour créer une œuvre forte, m’a donné la chair de poule.

 

Les plus :

- un personnage fort incarné merveilleusement par Pierre Niney

- une histoire rendant un bel hommage à la littérature

- une réalisation propre et soignée

Les moins :

- Actions longues à s’installer

- Stéréotypes

 

Pour conclure, si vous avez la patience de passer sur un début un peu lent et quelques poncifs maladroits, allez voir Un homme idéal qui délivre une des meilleures interprétations de Pierre Niney.

 

Aurélie R.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:26

 

 

  Il y a deux types de films. Le premier, c'est de la compote et le deuxième c'est l'arbre lui-même, magnifique mais difficile à avaler. Cette semaine dans Trailer Critique je compare Samba de Toledano et Nakache avec Hope de Lojkine. Si le premier, malgré son fond sérieux reste une comédie, le second métrage se veut réaliste, presque documentaire. Alors ? Que choisir ? 

 


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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 15:11

 

 

 

Sortie: 11 juin 2014

Réalisé par Stephan Streker

Avec Vincent Rottiers, Ymanol Perset, Olivier Gourmet, Reda Kateb,...

Nationalité: belge

 

Synopsis: Une nuit sur un pont... Un coup de couteau. Il y a Pouga. Et il y a Julien.

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 17:47

 

 

Sortie le 17/09/2014

 Réalisé par Jean-Charles Hue

 Avec Jason François, Michaël Dauber, Frédéric Dorkel  

 Nationalité: Français.

 

Synopsis: Jason Dorkel, 18 ans, appartient à la communauté des gens du voyage, prépare son baptême chrétien. Pour clouer le tout, son baptême se trouve être à trois jour de la sortie de prison de son demi-frère Fred qui revient après plus de 15 années d'absence. Ensemble, accompagnés de leur dernier frère, Mickaël, et de Moïse, leur cousin, les garçons partent en virée pour fêter leur retrouvailles.

 


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