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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 17:08

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Marc Levy est assez connu, et vu qu'il nous pond autant de bouses infâmes que des romans sensationnels, il faut parfois faire le tri pour éviter une perte de temps.

Alors bouse ou roman génialissime ?

 

Voyons un peu ce que vau la chose. Le Voleur d'ombres, c'est l'histoire d'un petit garçon un peu particulier qui a le pouvoir de voler des ombres. un peu moins de la moitié est centré sur l'enfance, tandis que le reste des pages relate l'entrée dans la vie adulte du jeune homme.

Le fil conducteur du récit s'articule autour des ombres d'une manière tout à fait étonnante. Entre science-fiction et synonymes du mot, l'ombre insuffle une poésie trouble dont l'auteur n'abuse pas. La légéreté prime, ce qui agrémente sans alourdir.

Le sujet de l'enfance est maîtrisé en totalité. Avec tendresse, Marc Levy se penche sur les petits bobos, malheurs et bonheurs de l'enfance. Le petit garçon découvre le collège en tombant amoureux, ce qui va le conduire à se faire un grand ennemi en la personne de Marquès. Ce dernier est - je pense - le seul personnage avec des dissonances. Il est dépeint comme un cancre avec deux ans de retard, une grosse brute ventarde souhaitant devenir délégué afin d'acquérir le cœur de la belle Elisabeth, que convoite également notre petit nouveau. Jusque là, ok. C'est un peu stéréotypé mais il en faut bien un de cet acabit chaque année. Personnellement ce qui m'a interloqué c'est une tirade de Marquès, le cancre grosse brute: "Je t'ai à l'œil, me dit-il en m'empoignant par l'épaule. Ne t'avise pas pas de te présenter à l'élection du délégué de classe, je suis le plus vieux et c'est moi que revient ce poste. Si tu veux que je te fiche la paix, un conseil, fais-toi discret, et puis ne t'approche pas d'Elisabeth, je dis ça pour ton bien. Tu es trop jeune, tu n'as aucune chance, alors inutile d'espérer, tu te ferais de la peine pour rien, petit crétin."

Ok. Mais "what the fuck !?". Les termes "aviser", "ce poste", "je dis ça pour ton bien", etc sonnent un poil trop soutenu pour un Marquès ayant redoublé deux fois sa 6ème.

Tant qu'on y est, Marquès aurait pu dire "St ti t'approches d'Elisabeth, je serais fort contrarié. Et si tu te portes candidat en tant que délégué de classe, je serais même désappointé." De quoi terrifier n'importe quel petit garçon de 6ème !! Et puis, pour une terreur, c'est tout de même lui qui vient en aide au petit garçon perdu dans la forêt un jour de classe verte.

 

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  Moi, c'est Marquès le balèze. "Fais toi discret" 

                                       "Heu... voui, me tape pas dessus"

 

 

Passons.

Le point fort du roman se sont les interactions entre les personnages. Le petit garçon se noue d'amitié avec le gardien de l'école et lui viendra en aide à la manière d'Amélie Poulain. Sa relation avec sa mère est aussi très émouvante. Son meilleur ami Luc fait également parti des personnages attachants. Et que dire de la Cléa sourde et muette ! Bref, on a envie de les aimer tous ces personnages, par les petites meurtrissures qu'ils dévoilent à travers leurs ombres. Cette part cachée prend métaphoriquement forme avec du concret grâce au pouvoir du personnage central. Ce qui est un peu dommage, c'est que ce fameux pouvoir reste assez peu exploité.

Toutefois, hormis ces quelques petits regrets, je dois dire que ce roman nous fait entrer dans les rêves, est mené avec délicatesse, et offre une réflexion autour du bonheur personnel mais aussi de son entourage. On retrouve aussi le respect de l'intimité de l'autre, la maturité et l'espoir. La fin est un peu naïve mais garde la ligne éditoriale qui est posée au début, à savoir faire vivre ses rêves d'enfant.

 

Les +:

- Facile à lire, écriture poétique

- Des personnages attachants

- Beaucoup de petites touches mignonnes entre les personnages.

- Un concept intéressant du voleur d'ombres

- Un personnage principal que l'on peut suivre de son enfance à sa vie d'adulte avec un réel intérêt de récit entre les deux temporalités. L'enfance n'est pas racontée pour nous émouvoir.


Les - :

- Le pouvoir de voler des ombres reste trop en surface. Ça peut être frustrant pour le lecteur.

- Une certaine naïveté.

 

En bref, Le Voleur d'ombres est un excellent petit roman qui ne peut pas vous faire passer un mauvais moment. Il se lit très facilement, est bouleversant. Il peint de manière fragile et délicate les vestiges de l'enfance, le combat pour vaincre ses peurs et démons intérieurs. Il montre aussi que le bonheur passe par celui de son entourage, mais qu'il faut savoir prendre des risques pour être heureux et que si l'on ne se donne pas les moyens, nos seuls compagnons seront les regrets. Voilà donc un roman délivrant un message d'espoir, un peu naïf, mais porteur d'humanité.

Attention toutefois, ce n'est pas le roman qui bouleversera toute votre vie. C'es frais, léger, drôle, attendrissant, émouvant. C'est déjà pas mal.

 


Aurélie R.



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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 18:04

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Néophyte en critique de livre, j'espère que vous m'accorderez quelques fautes de maladresse sur cette première critique.

Je vous propose de vous livrer mes impressions sur un roman du très célèbre auteur de La Délicatesse qui a été porté à l'écran avec la magnifique Audrey Tautou dans le rôle principal. Ayant lu avec délice, La Délicatesse, Le Potentiel érotique de ma femme, Nos séparations ainsi que Les cœurs autonomes (qui est dans une toute autre tonalité), j'attaque avec enthousiasme Les Souvenirs.

 

Voyons ce que nous dit le dos du livre:

"- C'est pour quoi ? me demande le caissier.

- Il y a huit ans, j'hésitais devant toutes les barres chocolatées. Je ne savais pas laquelle choisir. Et vous m'avez conseillé des Twix, parce qu'ils sont deux.

- Ah bon ? Il y a huit ans ? je ne m'en souviens pas. Vous voulez quoi ? Un autre Twix ?

- Non, c'est juste que j'ai des problèmes en ce moment dans mon couple. Alors, je voulais votre avis. Je me suis dit que vous deviez être aussi doué avec les femmes."

 

Après un tel extrait, on peut s'attendre raisonnablement à une histoire parlant des difficultés autour de la vie de couple. Et une recherche de solution pour faire triompher l'amour. Que nenni !

Pour ma part, je suis déçue dès les premières lignes. L'auteur évoque effectivement ses souvenirs dans ce roman. Et il faut croire que pour lui le mot "souvenir" est un synonyme du mot "mort".

 

souvenirs roman


Première phrase du roman: "Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien.". Ouatch ! ça commence fort.

Et c'est pas fini ! Après la mort du grand-père, une amie de la grand-mère, une inconnue de la maison de retraite, la grand-mère. Après les morts humains, on traverse la dépression de sa mère et deux morts de couple.

Grosso modo, c'est un roman triste à mourir (je confesse que c'est un mauvais jeu de mot). Le pathos est de mise, les souffrances de baisse d'autonomie mise à l'honneur, le "caressage" de nombril un culte et les œillères un mode de vie.

 

"Hihi, salut les amis. Je suis la star du roman !!"

 

 

En ce qui concerne le personnage central, c'est là qu'il y a le plus à dire. Hormis quelques moments qui l'humanise, il est la plupart du temps tout à fait... médiocre. Il raconte sa vie d'écrivain manqué, une vie qu'il subit et dont il ne prend jamais les rênes. Tout a ulong, il se laisse porter par les évènements et ne tire pas de conclusions positives de ce qui arrive. Il pense de manière égocentrique, se laisse mener par la pitié.

Par exemple, son attitude envers son père qui subit l'abandon de sa femme. Quand à son tour, le protagoniste est quitté par sa femme, il invite son père au restaurant pour lui annoncer la nouvelle. Pendant le repas, la seule chose qu'il a en tête, c'est qu'il ne veut pas devenir comme ce père jugé pitoyable. Alors pour s'en démarquer, il commande au restaurant des pâtes tandis que ce dernier prend une pizza.

Le personnage passe une bonne partie du roman célibataire, ne cesse de s'en plaindre et ne fait rien pour rémédier à cela. Il se dit mauvais au jeu de la séduction, sans l'avoir jamais pratiqué et sans même vouloir le tenter.

De la même manière, il se rêve écrivain, bien que n'écrivant jamais. Ô miracle, il finit tout de même par écrire à la toute fin. Juste ciel, on n'y croyait presque plus ! Enfin, ce qu'il a vécu a eu une influence ! Quand on sait que c'est uniquement parce que sa femme le quitte qu'il daigne enfin s'y mettre, ça enlève tout le charme.

Heureusement, le personnage a un petit côté attachant dans quelques rares moments. Je pense notamment à deux cadeaux qu'il fait à sa grand-mère, qui instille une tendre complicité entre eux. C'est étrange que le personnage sache comprendre si bien sa grand-mère, mais ne trouve pas la force de s'impliquer dans ses relations aux autres et dans sa vie.

 

 

Les + :

 

- Écriture fluide qui donne une facilité de lecture.

- Les petites interludes avec des "souvenirs" des divers personnages, même anodins, du roman.

- Quelques évènements "pépites" émouvants du personnage.

- La trame bien que classique est facile à suivre, avec des souvenirs chronologiques et quelques digressions bien placées.

 

Les - :

 

- Peu d'émotions positives.

- Trop de pathos, de focus sur des évènements tragiques (la vie ne se résume pas qu'à ça).

- Un personnage mou (qu'on aimerait secouer un bon coup).

- Une écriture qui a perdu de sa poésie en comparaison des autres romans que j'ai lu.

 

 

Quel est l'objectif de ce roman ? Au final, le personnage nous montre qu'on ne fait rien de bien folichon dans sa vie et qu'un jour la santé nous quitte et qu'il n'y a rien à faire sinon attendre la fin. Ce personnage a peur de mourir comme son grand-père, ou d'être comme son père délaissé par son épouse, peu courageux, peu impliqué mais voulant bien faire. Il se bande les yeux sur toute sa vie, pensant que les problèmes n'arrivent qu'aux autres. Jusqu'à ce qu'il réalise qu'il n'est pas différent, que la vie des autres est aussi la sienne. Mettre autant de temps pour regarder la réalité en face, rend le roman fastidieux à lire.

Forcément, on sort de là en se disant que bien entendu notre vie ne nous appartient pas tout à fait, mais nous ne sommes pas obligé d'attendre que les choses arrivent d'elles-mêmes. Et si on assiste à quelque chose de révoltant, comme la mise en maison de retraite d'une personne autonome qui ne veut pas y aller, capable de rester chez soi, on peut tout à fait dire son mot, et agir !

Ensuite, prendre du recul sur soi est essentiel afin de ne pas se concentrer sur ce qu'on ne veut pas être mais se concentrer sur qui l'on est et surtout sur qui l'on veut être !

 

En résumé: long et déprimant !

 

 

 

Aurélie R.

 


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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 20:02

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La raison pour laquelle les super-héros demeurent des icônes indémodables, c'est qu'ils représentent ce que chacun rêve d'être: éternel, courageux et inflexible. A nos yeux, ils sont des figures de l'idéal. Face à ce besoin perpétuel de personnages charismatiques, les éditions ont eu recours à la création d'une centaine de surhommes: des super-héros et des super-héroïnes, de toutes origines sociales et ethniques. Tout le monde en a pour son compte.

On aime les super-héros parce qu'ils sont « cools » ! Des super pouvoirs, des punchlines percutantes, des looks géniaux. Toutefois, d'autres super-héros moins connus n'ont pas eu la chance d'avoir le charisme d'un Superman, ni la classe d'un Iron Man. Ils sont les héros de la catégorie « WTF !? », celle du grand n'importe quoi. Pouvoirs nazes, zéro de charisme. Bref, des super-Zéros. Qu'est qui est passé dans la tête de leurs créateurs ? Ont-ils des fans ? On ne sait pas... mais, ils existent ! Le Kamikaze vous présente les cinq super-héros les plus improbables de l'univers du comics...

 

1/ Freshmen

Nous ne commençons pas notre sélection par un seul super-héros, mais tout un groupe: les « Freshmen ». Suite à un soucis d'aménagement, de jeunes étudiants se retrouvent à être logés au premier étage du bâtiment des sciences. L'explosion de l'Ax-Cell-Erator, une machine située au rez-de-chaussée, les exposent à des radiations et les dotent de pouvoirs plutôt originaux. Les pouvoirs obtenus correspondent aux actes que chacun faisait durant l'explosion, ainsi le personnage de Charles Levy acquiert la communication avec les plantes, Ray McFarland obtient un pénis géant (oui, oui... vous avez bien lu), Elwood Jones peut exécuter des rots destructeurs.

« Freshmen » est un peu hors-catégorie pour figurer dans ce top. Il s'agit d'une création de Seth Green (créateur de la série animée « Robot Chicken »), s'orientant davantage vers du second degré. Le comics offre même des histoires plutôt attachantes et drôles. N'hésitez pas à y jeter un coup d'oeil.

 

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2/Bouncing Boy

Tout droit sorti de l'écurie DC, voici Bouncing Boy ! Crée en 1961 par Jerry Siegel (papa de Superman. Comme quoi... un enfant ne ressemble jamais à un autre), il possède le pouvoir de se gonfler et d'effectuer des bonds hors du commun. Bref, c'est un ballon-humain. Le personnage de Chuck Taine obtient ces dons « incroyables » en buvant un soda expérimental. Mine de rien, il est parvenu à faire plusieurs apparitions dans la série animée, La Ligue des justiciers. Même un des héros les plus invraisemblables de DC Comics a le droit à un peu de reconnaissance.

 

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4/ Squirrel Girl

Un des membres de la bande des « Freshmen » avait déjà ce pouvoir. Squirrel Girl serait-elle une source d'inspiration pour Seth Green ? Peu importe. Affilié à l'univers Marvel (membre des « Vengeurs des Grands Lacs »), elle est une mutante dont les capacités sont affiliées à celle d'un écureuil: agilité et force, sens développés, capacité à ronger le bois, longue queue couverte de poils et communication avec ses congénères. Souvent sous-estimée, elle parvient toutefois à vaincre de redoutables individus: Deadpool, Wolverine, Docteur Fatalis, le Mandarin et Thanos font partis de son tableau de chasse.

 

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3/ Jazz

Apparu dans l'univers des "X-Men", ce mutant a l'incroyable don... (attention, accrochez-vous !)... d'avoir la peau bleue ! Peut-être que ça serait sympa d'avoir des compétences en arts martiaux pour compenser ce pouvoir pourri, mais non ! Il préfère faire du rap et dealer de la drogue ! Quelqu'un pourrait expliquer l'utilité du mec ?

 

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5/ Color Kid

Revenons à DC Comics avec Color Kid. Crée en 1966, Ulu Vakk est un scientifique qui, frappé par un faisceau de lumière, obtient le pouvoir de changer la couleur des personnes et des objets. Le poncif de l'expérience ratée est très fréquent dans le monde du comics. Mais la plupart des victimes de ce type d'accident obtiennent souvent des dons dévastateurs. Là... on obtient juste le pouvoir qu'on cacherait aux autres pour éviter de se taper la honte. Si un malfrat le menace avec un pistolet, est-ce que changer la couleur de l'arme pourrait le sauver ? Je ne pense pas. Le personnage est si inutile qu'il a déjà été refusé par la légion des super-héros (une team de Superman).

 

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A quand une adaptation cinéma qui regrouperait tous ces super-héros ? A voir.

 

 

 

Lef Dur



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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 17:33

Consommons, consumons ! Ô esclaves du système ! Mais, si c'est pour devenir un mouton entravé dans une prison consumériste, autant le faire avec classe (avec le zeste de culture inclus) !

C'est ainsi que je gambade de librairies en librairies, de grandes surfaces en grandes surfaces. Je bouffe littéralement de la BD et du comics à chaque repas (que j'accompagne de sauces... parce que le goût du papier et du carton, ce n'est pas trop plaisant au goût), puis des amis me prêtent quelques-unes de leurs lectures préférées que je pose par la suite sur une pile déjà haute de bouquins (j'ai décidé dernièrement de m'en servir comme mur porteur).

Dans cette boulimie infernale, j'ai pu tout de même faire une p'tite sélection, des coups de cœurs (après, vous en faîtes ce que vous voulez... moi, je m'en fous). Les fans du septième art sont souvent des individus assez sectaires: un tel ne veut lire que du manga, l'autre ne veut lire que des comics et le suivant ne peut lire que de la BD européenne. Ce manque d'ouverture est bien triste ! J'ai donc décidé de ne faire aucun jaloux et d'en donner pour tout le monde. Donc, prenez votre gamelle et venez cherchez la bonne soupe.

 

Les Amis de Pancho Villa, dessin et scénario: Léonard Chemineau, Casterman

 

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Nous commençons par une virée dans le Mexique des années 1910. La guerre civile fait rage et un homme du nom de Rodolfo Fierro, alors en taule, croise la route des révolutionnaires de l'armée de Pancho Villa. Celui-ci, doté déjà d'un caractère fort intrépide, décide de se joindre à eux, de piller et rançonner. Celui-ci deviendra un des plus compagnons les plus irréductibles de Pancho Villa. Un véritable odyssée dans l'histoire chaotique du Mexique commence.... et l'intérêt est bien là. Chaque page est une virée immersive dans ce Mexique à la solde des bandits, des guérilleros et des politiciens véreux. En plus de nous offrir un excellent dessin qui mêle simplicité et rigueur, l'auteur nous donne une critique pertinente sur les limites de l'acte révolutionnaire, tout en amenant son lecteur dans une lecture à la fois drôle, touchante et dramatique. Un vrai coup de maître en 128 pages.

 

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Sun-Ken Rock, dessin et scénario: Boichi, éditions Doki-Doki

 

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Kitano Ken est un jeune japonais complétement paumé. Par amour pour une fille partie en Corée, il s'envole vers Séoul. Là-bas, la désillusion est au rendez-vous. Il n'a pas un radis et il galère sérieusement... jusqu'à ce qu'il rencontre un jeune gang. Par la suite, nous suivons son évolution au sein du groupe, ainsi que la montée en puissance du gang.

Ce « seinen » est une bombe ! De l'humour, de la sensualité, de l'action, de la réflexion ! Tous les ingrédients sont présents pour transformer cette série en une œuvre addictive. Le coup de crayon de Boichi, ayant la force d'allier avec aisance d'excellentes caricatures à des figures plus sérieuses, est plein d'énergie. Du côté du script, les moments creux sont très rares, les personnages sont attachants (mention spécial pour « La Pioche »). A lire absolument !

 

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Jack of the Fables, dessin: Tony Atkins, Steve Leialoha, Andrew Pepoy, Russ Braun et Andrew Robinson, scénario: Bill Willingham, Matthew Sturges, Panini Comics.

 

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Il existerait une palme d'or pour récompenser les scripts les plus originaux, le comics « Jack of the Fables » serait nominé d'office. Imaginez un monde où les personnages de contes circuleraient dans le monde réel, où Boucle-d'Or serait une vilaine nymphomane bavarde et Blanche-Neige un être sans aucune morale. Ça vous tente ? Alors, venez suivre les péripéties de Jack de tous les contes (« Jack et le haricot magique », « Jack O'Lantern », ça vous dit quelque chose ?). Le dessin est certes un peu trop « comics old school », mais l'idée de base compense largement ces légères faiblesses. Je vous conseille donc sérieusement la lecture de cette série attrayante.

 

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Lef Dur

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:14

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L'histoire retrace le parcours de la famille Nakaoka à Hiroshima, quelques jours avant, puis après le bombardement atomique du 6 août 1945.

 

Gen d’Hiroshima est un manga signé Keiji Nakazawa. L’histoire est par ailleurs inspirée de la vie de l’auteur, fortement marqué par la guerre et la Bombe…

A priori, je ne suis pas fan de manga. J’ai découvert cette série il y a quelques années, et je l’ai terminée il y a peu. En poche, vous trouverez dix tomes, très faciles à lire.

 

Du point de vue d’un européen, cette version de la guerre est une véritable découverte. Nous sommes habitués à ressasser une même facette de la Seconde Guerre (le génocide des juifs, le blitz, le débarquement des américains, toussa…). On connaît finalement très peu l’autre facette de la guerre, celle des américains contre les japonais, (ou juste du point de vue des américains, alors… Genre Pearl Harbor), et c’est fort dommage. Oui, les japonais en ont chié aussi. Oui, les japonais ont été traumatisés par la guerre. Et même après la guerre, les japonais ont continués à porter la cicatrice honteuse de l’échec et de la bombe. Et c’est bien de ça que dévoile Gen d’Hiroshima.

 

Dans le premier tome, l’histoire se déroule en avril 1945, à Hiroshima. Nakazawa y dresse un portrait très brut de la vie au Japon pendant la guerre... sans rien épargner. L’impérialisme et l’armée japonaise y prennent pour leur grade. Oui, il y a un parti pris. L’auteur nous pointe du doigt la violence et la cruauté des japonais (je sais qu’on n’a pas été des bisounours en Europe non plus… Mais je ne pourrais jamais m’empêcher de me demander : « Pourquoi ? »). Et quelque part, il y a un côté « documentaire ». Comme je vous le disais, on y apprend plein de choses, surtout du côté des civils. Par exemple, tout pacifiste était considéré comme un traître, et on n’hésitait pas à le trainer dans la boue. Avec toute sa famille. Ou que l’on refusait de soigner les malades/ blessés de la bombe, parce que c’était contagieux, et qu’ils faisaient honte (et je vous dis pas à quel point ça pouvait être honteux quand c’est quelqu’un que tu connais !).

Dans tout le premier tome, on se penche sur une famille (pacifiste, justement... donc forcément, ils en chient un max), la famille Nakaoka. On apprend à connaître chaque membre de la famille, dont Gen, leurs espoirs, leurs craintes, leur quotidien. Disons qu’il s’agit ici d’une introduction à la série. Car, vers la fin du tome 1 arrive l’impensable, l’ingérable, l’abominable bombe qui va tant marquer les japonais. Et là, ni le récit, ni les images ne vont nous épargner. Et pourtant, on sent que le manga est encore en-dessous de la réalité.

 

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La suite de la série est peut-être la plus « intéressante ». On découvre la façon dont les japonais vécurent l’après-bombe: la perte de la guerre, la façon de survivre dans la rue. Tous les traumatismes sont passés au peigne fin : rejet des victimes de la bombe (symbolisant la défaite), famine et pauvreté, marché noir, criminalité organisée des yakuzas, orphelins délinquants, l’armée américaine (représentée un peu comme un démon !) qui utilise les cadavres pour prélever des organes… Et on suit les aventures de Gen, qui grandit au fil des épisodes, jusqu’au début des années 1950. Et des années après, on comprend jusqu’où la bombe poursuit les japonais (je ne vous apprends rien, hein. On sait en 2012 que la radioactivité tue).

Certes, cette série donne peut-être son côté « mélodrame-pleurons-ensemble-et-vas-y-que-je-te-fais-du-pathos-à-mort », qui pourrait rebuter certains (bande de sans-cœur, va). Mais comment rester indifférent à cette réalité que l’on nous a si peu dévoilés ?

Bon, je ne m’engagerai pas sur le fameux débat sans réponse du « si on n’avait pas balancé la bombe dans leur tronche, la guerre aurait duré encore plus longtemps, aurait fait plus de victimes », ce n’est pas la question ici, on ne réécrit pas l’Histoire. Non, je trouve cette série très forte, très personnelle, avec des personnages bien brossés.

 

En bref, si vous avez envie de savoir ce qu’était la vie au Japon durant ce sombre moment de l’Histoire, cette série est pour vous. Et si vous avez envie d’aller plus loin, la série a été adaptée au cinéma !

 

 

  
Sur ce, bon vent !
Clémentine Samara

 

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 20:01

La mode des anti-héros n'est pas une chose d'actualité. Si la littérature et le cinéma abondent de personnages atypiques, de losers héroïques et de héros malgré eux dès leurs balbutiements, le monde du comics n'a été affecté sérieusement qu'à la fin des années 1970.

Durant les années 1960-70, les scandales politiques (Watergate), la guerre du Vietnam, les émeutes raciales et/ou idéologiques avaient fait chuter l'idéalisme américain. Conscient de ce changement d'état d'esprit, la politique du comics se devait de changer. Fini les héros invulnérables, patriotes et exemplaires. L'approche devait être plus humaine pour aborder un public qui état devenu plus mature et critique.

De nouveaux auteurs débarquèrent à DC Comics avec des idées neuves. Frank Miller remania l'univers de Batman avec « The Dark Knight Returns » (1986), où un Bruce Wayne vieillissant et las reprend son costume après dix ans d'inactivité. Le détective justicier, désenchanté par le commun des mortels, devient plus extrême et plus violent. Le même auteur continua cette approche lorsqu'il écrivit « Batman: Year One » en 1987. Cette humanisation du super-héros est une constante qu'on retrouva dans nombre de publications des années 1980. Les héros se dévoilaient, n'arrivaient plus à s'insérer dans une société qui rejettait leur idéal. Alan Moore et ses héros anar', alcooliques, violents et dépressifs en sont des exemples magnifiques: Le cultissime Watchmen (1986), Batman: The Killing Joke (1988) ou V pour Vendetta (1989).

 

Aujourd'hui, ce genre de héros semblent encore avoir des beaux jours devant eux. Il suffit de farfouiller dans les rayons pour dénicher de nombreuses histoires peu orthodoxes.

 

 

Par exemple:

THE BOYS

 

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Petit coup de cœur, gros coup de boule ! Publié par une maison d'édition indépendante (Dynamite Comics), The Boys est littéralement un anti-comics.

Dans un monde où les super héros pullulent, Billy the butcher est un « casseur ». Sa bande a été dessoudée il y a quelques années à la suite d'un incident . Aujourd'hui, avec l'appui de la CIA il va reformer le groupe afin de punir les super héros qui ne respectent rien et se croient au dessus des lois. Oui, avoir des super-pouvoirs peut faire tourner la tête et les accidents ne sont jamais loin.
Pour recadrer ce petit monde arrogant, Billy reforme l'équipe d'origine accompagnée de P'tit Hughie (le sosie de l'acteur Simon Pegg), recruté pour remplacer leur membre disparu, la Crème, le Français et la Fille et repartent tous en guerre contre les supers ....

Vous l'avez deviné. Ici, les super-héros ne sont pas très glorieux. Humour trash et politiquement incorrect, les héros façon DC et Marvel en prennent méchamment pour leur grade.

La série est agréable à lire d'un bout à l'autre. On pourrait regretter que Garth Ennis cherche à faire dans la provoc' facile, mais le résultat est rarement décevant.

The Boys est paru en vf dans les éditions Panini Comics. Je vous le recommande vivement.

 

 

THE AUTHORITY



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A présent, nous revenons dans un registre plus sérieux et engagé.

The Authority est une équipe de supers qui agit à l'échelle planétaire. Leur but: créer une paix internationale. Ils combattent l'injustice sociale, n'hésitant pas à défier le pouvoir et à s'affranchir des lois lorsqu'ils l'estiment nécessaire. La série aborde également des questions de société controversées. Ainsi deux des membres du groupe (ersatz de Superman et Batman) forment un couple homosexuel marié qui adopte un enfant ; un autre personnage est confronté à de graves problèmes de toxicomanie. Trash... cette série l'est aussi. Les scènes de combats sont assez spectaculaires et gores et le contenu est assez réfléchi. Ce qui fait plaisir à voir !

Les supers sont confrontés à des questions cruciales: qu'elles sont les limites de leurs pouvoirs sur la vie politique ? En voulant faire une utopie libertaire, ne créent-t-ils pas une nouvelle forme de dictature ?

 

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La série existe depuis 1999 et de nombreuses vf sont déjà parues. Plusieurs auteurs ont repris l'équipe The Authority, mais je vous recommande les deux volumes de la collection « Wildstorm Deluxe » qui regroupent la série principale dessinée par Bryan Hitch, écrit par Warren Ellis et repris respectivement par Franck Quitely et Mark Millar (le papa du très bon Kick-Ass). Puis, je vous conseille de poursuivre par les deux tomes de « The Authority: Revolution » parus aux éditions Panini Comics.

 

 

FEAR AGENT:



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Je garde le meilleur pour la fin: Fear Agent !

Là, on quitte le monde des super-héros pour de la science-fiction old school. Nous suivons les péripéties de Heath Houston, un texan alcoolique et franc-tireur, qui a pour but de préserver les dernières traces de l'espèce humaine face à une menace extra-terrestre. Le personnage crée par Rick Remender et Tony Moore dézingue du robot, bastonne de l'alien. Autant drôle qu'émouvant, aussi subtile que bad ass, la série oscille entre plusieurs genres (S-F, western, guerre, action,...) sans faillir et parvient à se conclure sur une belle leçon de vie.

Un gros bravo au cow-boy de l'espace.

 

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Je pourrais vous citer d'autres exemples. Les anti-héros se comptent à la pelle. Mais, je pense que ces trois séries vous occuperont déjà un certain temps. Je vous souhaite une bonne lecture, les amis.

 

Lef Dur

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans BD - Littérature
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