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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 13:55
Une note sur "Mad Max: Fury Road" (Lef Dur)

 

Mad Max: Fury Road était l'un des films que le Kamikaze attendait depuis longtemps. Après trente ans d'absence, le héros australien revient ! Et les doutes persistaient: George Miller n'allait-il pas détruire sa propre franchise, à l'instar d'un Spielberg avec son Indiana Jones ou d'un Lucas avec Star Wars ? Allait-il réussir à remettre au goût du jour son univers, sans trahir ce qui faisait le charme do it yourself des premiers opus ? La réponse est enfin arrivé ! Et ce nouveau opus mérite amplement sa place dans la saga. Mieux... il s'agit d'un chef-d'œuvre du cinéma d'action ! Alors que les blockbusters proprets et aseptisés envahissent le marché, que les héros ne semblent plus souffrir et que la surenchère d'effets spéciaux et le bling-bling vomissant d'un Fast and Furious sont prédominants. Un vieux de la vieille comme George Miller arrive avec sa bombe de nitro pour faire exploser les normes actuelles du cinéma d'action. Rien de rutilant. Pas de flonflon. Ici, ça pue le kérosène, la sueur et le sang. Un vrai ballet barbare, fait avec peu de fonds verts et énormément de cascades réelles. Loin des messages puérils des derniers cartons au box-office (re-coucou Fast and Furious 7), on revient avec un message profondément plus humaniste. Rien que pour ces initiatives, on peut remercier un franc-tireur comme Miller.

Max, la nouvelle protection pour éviter les moustiques sur le pare-brise.

Max, la nouvelle protection pour éviter les moustiques sur le pare-brise.

Les premiers volets de Mad Max étaient synonymes de courses-poursuites, de bagnoles bricolées et d'un héros solitaire et antipathique, cherchant une rédemption dans un monde sans foi, ni loi. Ici, le fan n'est pas trahi. Tout y est. Le résultat est même au-dessus des attentes. Son univers est approfondi. George s'intéresse au fonctionnement d'une tribu, en nous plongeant dans ses croyances, son dialecte, son fonctionnement politique, et il creuse davantage les personnages secondaires. Alors que les premiers films ne semblent suivre que notre cher Max Rockatansky, ici nous nous arrêtons sur une charismatique Furiosa, ou le déjanté Nux, un guerrier fanatisé par les préceptes d'un dictateur local. Mad Max: Au-delà du dôme du tonnerre (1985) commençait à avoir cet aspect, mais avec Fury Road l'histoire est plus riche, voire plus extensif car on ressent qu'un univers beaucoup plus vaste se cache derrière cette simple aventure. Car oui... les enjeux narratifs sont simplistes.

 

Dans un monde où les ressources naturelles s'amenuisent et les hommes revenus à un stade tribal, un despote nommé Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne) règne sur un peuple terrorisée à laquelle il dispense des préceptes religieux dangereux et les faveurs de ressources dont il détient le monopole. Asseyant son pouvoir sur une armée de fanatiques rêvant de se faire exploser pour gagner plus vite le Valhalla. L'une de ses plus fidèles partisanes, l'impératrice Furiosa (Charlize Theron), le trahit et s'enfuit avec un bien d'une importance capitale pour le chef de guerre : ses « épouses », un groupe de jeunes femmes lui servant d'esclaves et de « ventres ». Le despote se lance alors à sa poursuite. Max (Tom Hardy), étant prisonnier de la tribu, est embarqué malgré lui dans cette course folle.

 

C'est une histoire à quête qui peut devenir vite surfait. Mais George Miller apporte son savoir-faire d'antan. Il nous encadre avec des décors symboliques et une exploitation mythologique subtil pour développer un discours plus complexe autour de son héros christique, symbole de résistance et d'espoir face à la déchéance de l'humanité. Et ceci tout en restant dans la dynamique des courses-poursuites. Les mauvaises langues diront qu'il y a trop d'action. Certes, mais ces scènes sont entrecoupés de pauses visuellement sublimes. Et il faut avoir du talent pour réussir à intéresser son public avec deux heures de courses-poursuites, avec des personnages passant le plus clair de leur temps dans des camions ou des voitures. Tout passe dans l'action, avec une approche brute et directe. L'ensemble de la mise en scène est purement visuel (et donc purement cinématographique).

 

La seule tâche au tableau, c'est l'effacement de Max au détriment de la superbe Furiosa. Ne crachons pas sur l'interprétation de Tom Hardy. Il est bon... essayez de maintenir un personnage avec aussi peu de dialogues. Le Max version 2015 est à la hauteur de celui des années 1980. Tout en respectant ses allures de guerrier solitaire, il apporte un nouveau Max beaucoup plus marqué par le sceau de la culpabilité et du traumatisme. Non... mais la star reste Furiosa, guerrière qui se rebelle du joug de son ancien maître, Immortan Joe. En luttant contre le délire réactionnaire d'un despote, elle est la figure même de l'émancipation féminine.

Allez voir Mad Max: Fury Road ! « Soyez témoins ! ». Miller apporte un univers sauvage et sans concessions, avec des poursuites rock'n'roll (mention spéciale au camion-rave party). Et le Kamikaze dit merci à George Miller pour défoncer ce paysage cinématographique devenu trop lisse. What a lovely day !

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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